L'espion de Condé - Une histoire de Chouans?

 Le commissaire du directoire écrivit au département, le 6 prairial an VII (25 mai 1799):


Voici les faits:

En 1799, un habitant de Condé-sur-Seulles, du nom de Jean Morin, était acquéreur des biens nationaux.

Au mois de mai de cette même année, dans sa seule pièce principale au plafond noirci par la fumée, Jean Morin s'affairait près de sa cheminée pour allumer un feu.

Sa femme entra dans la pièce, Morin la vit : « Qu'as-tu ma femme, tu en fais une tête ? Pourquoi tant de grimaces ? »

Elle n'osait pas parler, effrayée par des bruits de pas qu'elle avait cru entendre à l'extérieur.

Morin n'eut même pas le temps de se relever ; la porte de bois s'ouvrit avec fracas et trois hommes apparurent dans l'encadrement de l'huisserie. L'acqué­reur des biens nationaux, apeuré, fit la grimace en apercevant ces hommes munis de sabres et de pistolets.

   « Morin, donne-nous tes biens » cria l'un des brigands.

   « Mais je n'ai rien, n'est-ce pas ma femme ? ». Sa femme ne répondit pas ayant un sabre à la pointe menaçante sous sa gorge.

Pendant qu'un brigand tenait Morin et sa femme à l'écart, les deux autres fouillèrent la pièce et découvrirent dans une petite mallette 4.000 francs de numéraires.

Le Condéen et sa compagne ne bou­gèrent pas car les trois hommes sem­blaient bien décidés, coûte que coûte, de leur voler ce qu'ils avaient de plus précieux ; peut-être leur vie. Quelques minutes plus tard, les brigands avaient disparu avec les plus beaux effets pré­cieux et les 4.000 francs de numérai­res.

En fin de journée, le commissaire du directoire se trouvait sur place, à Condé-sur-Seulles, avec un détache­ment composé de grenadiers et de chasseurs.

Il demanda même l'aide d'un déta­chement de la 40e demi-brigade afin d'effectuer des visites dans les mai­sons de Condé mais aussi de Chouain et de Nonant, deux communes voisi­nes. Plus d'un habitant fit là une drôle de tête en voyant les hommes d'armes pénétrant chez eux pour fouiller, perquisitionner.

La femme de Morin aurait-elle eu l'impression de reconnaître la silhouette d'un des hommes, d'un des brigands.

Les jours passèrent, malheureuse­ment sans résultats.

Le commissaire du directoire eut l'idée d'employer une ruse. Il demanda à un homme, habitant depuis peu dans la région de Condé-sur-Seulles, de faire l'espion. Cet homme qui fréquentait de nombreuses maisons de Condé et des communes environnantes, pour y exé­cuter des tâches agricoles, pourrait peut-être glaner des renseignements utiles afin de permettre l'arrestation des voleurs de chez Morin.

Ainsi un espion circulait sur les che­mins du Bessin.

Quatre jours plus tard, « l'espion » se promenait dans une ruelle de Ducy-Sainte-Marguerite quand il fut arrêté et emprisonné. Cet homme était un déser­teur et n'avait aucun papier.

Le Commissaire du Directoire en fit une mine en apprenant que son espion était prisonnier avec peut-être des renseignements importants sur le vol de Condé. Le Commissaire était le seul à connaître le rôle qu'il avait voulu faire jouer à l'homme maintenant en pri­son.

Le Commissaire se rendit chez le juge de paix avec le capitaine des grenadiers et obtint la libération du déserteur.

Mais, dès sa sortie de prison, l'homme espion devint un mystère car il disparut sans jamais réapparaître.

Comme les voleurs de chez Morin.


L'association du Patrimoine vous invite à faire un tour de Condé sur Seulles.


 

Près de Bayeux, l'effondrement d'un pont à Condé sur Seulles coupe la ligne Paris-Cherbourg

   10 mars 1932 

 Un accident qui aurait pu avoir les plus graves conséquences, mais qui s’est borné à apporter d’im­portantes perturbations dans le ser­vice des trains entre Caen et Cher­bourg s’est produit dans la nuit du 8 au 9 mars 1932 entre les gares de Bayeux et Audrieu.

Une des piles du pont qui, au-dessus de la route de Condé-sur-Seulles à Nonant, sup­porte les voies de la ligne Paris-Cher­bourg et qui était en réparation, s’est effondrée, vers 5 heures du matin, aus­sitôt après le passage d’un train de marchandises, laissant les rails suspen­dus dans le vide.

L’alarme, aussitôt donnée, permit d’interrompre le trafic sans que sur­vienne d’accident et le centre de Caen, bientôt alerté, envoyait sur les lieux les ingénieurs de la Compagnie, char­gés de faire effectuer d’urgence les pre­mières réparations et d’organiser le transbordement des voyageurs.

Durant toute la journée, des auto­cars de la Compagnie effectuèrent le transport des voyageurs et des cour­riers entre les gares de Bayeux et Au­drieu où tous les trains ont subi, de ce fait, des retards atteignant jusqu’à deux heures et la marche des trains de marchandises a été interrompue.

Le trafic reprendra le lendemain sur une seule voie.



Le pont actuel avec son passage réduit suite à l'accident de 1932




Du whisky à gogo... au temps des Romains ?

     Décidément, rien de nouveau sous le soleil ! La découverte, dans le sous-sol de Condé, d'une bouteille carrée (datant de l'époque Romaine) remet tout en question ; nos lointains conquérants s'adonnaient-ils à l'euphorie du whisky à gogo ? 

L'Histoire rapporte que l'on doit, à ses Romains, la construction de nombreux aqueducs (sans parler des chaussées n'ayant rien à envier aux grands axes routiers du XXe siècle) et l'implantation d'établissements destinés à as­surer la propreté du corps humain grâce à l'utilisation de l'eau sous toutes ses formes. Il faut accorder, à l'Histoire, le plus grand crédit.


Malgré tout, à la lumière des fouilles effectuées dans le pré du « Clos Neuf » aux environs de l'année 1865, il y a lieu de ne pas accorder trop d'importance à l'eau... élément majeur de la civilisation Romaine. En creusant du côté du pont (pour meubler leurs loisirs) des chercheurs mirent au jour une bouteille (de verre) de forme carrée dont la contenance représentait environ deux litres. L'analyse n'a pas permis de retrouver la trace d'une goutte (évaporée) de whisky mais, en l'absence de preuves formelles, on peut penser que ces Romains, avec ou sans glaçons, dégustaient un « scotch-maison » à sa sortie du bain.

Mieux... au cours des fouilles, à proximité d'un cercueil (en pierre) conte­nant, on ne sait trop pourquoi, quelques particules de plomb (sans aucun rap­port avec le chargement d'une cartouche de chasse) la découverte d'une petite cuillère (en étain) fut à l'origine d'un casse-tête chinois. Inventeurs supposés du whisky, les Romains avaient-ils introduit le café sucré en terrain conquis ? Manque de chance, seule la cuillère fut retrouvée. Aucunes traces de la tasse, de la pince à sucre ! Il reste à prouver que la bouteille carrée remonte à la plus haute antiquité, Les novateurs des temps modernes demeurent en retard de quelques millénaires.

R Quesnel

Août 1891 - Incendie

L"Echo Bayeusain - Août 1891



 

L'école qui ne sera pas construite...

 Les enfants de Condé sur Seulles allaient à l'école de Nonant comme nous le prouve le document de 1873 ci-dessous.

En mai 1880, le conseil municipal, décide de projeter la construction d'une école.

9 mai 1880



Le conseil municipal,

Considérant que la commune de Condé sur Seulles invitée officieusement à se pourvoir d’une école communale, est sur le point d’être mise en demeure de construire une maison d’école.

Considérant qu’une maison appartenant aux demoiselles Esnaults (Anne et Loé) avec cour et jardin y attenant, le tout situé à Condé sur Seulles sur le chemin vicinal dans une très bonne situation à tous égards, est offerte par ses propriétaires à la commune de Condé moyennant le prix de 1500 francs ; les demoiselles Esnault se réservant seulement d’un côté un petit passage pour accéder au pré situé au bout du jardin.

Considérant que cette propriété est très convenable pour y construire une maison d’école.

Le conseil invite le Maire à traiter à cet égard avec les demoiselles Esnault et l’autorise à faire dresser un plan et un devis d’une maison d’école sur le terrain des demoiselles Esnault.

Cette école ne sera pas construite... mais c'est une autre histoire.








Le vieux pont sur la Seulles entre Condé sur Seulles et Ducy Sainte Marguerite.

 Dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie paru en 1934, j'ai noté une communication de M. de Longemare qui avait reçu une lettre de M. J. L'hermitte concernant notre ancien pont sur la Seulles.

J'ai retrouvé cette missive aux Archives Départementales du Calvados. Je vous la présente avec le plan et la photo qui étaient joints.

Caen le 22 octobre 1954

Cher monsieur,

Vous vous souvenez peut-être qu’à la suite de la petite communication que j'avais faite à la société des antiquaires de Normandie concernant un vieux pont sur la Seulles entre Condé et Ducy Sainte Marguerite, vous m'avez demandé de vous adresser une photo. Je vous avais prié alors de bien vouloir m'accorder quelques délais pour vous fournir ce document. J’ai eu l'occasion depuis lors de repasser par cet endroit et d'y prendre un cliché ; bien qu'il soit très médiocre, je m'empresse néanmoins de vous en soumettre un agrandissement. Je n'ai pu prendre qu'une arche à travers les broussailles, faute de recul. Il faudrait pouvoir se placer au milieu de la rivière, étant donné la disposition des lieux, pour saisir l'ensemble, mais cette entreprise ne serait pas sans désagrément à cause de l'épaisse couche de vase qui paraît constituer le fond de la rivière.

La lettre retrouvée aux archives

Le pont dont je vous donne ci-contre un croquis très sommaire a, grosso modo, la forme d’un dos d’âne ; il est construit en moellons calcaires maçonnés, semble-t-il, à la chaux. N'étant pas spécialiste, je vous donne ce renseignement sous toute réserve.

Sa largeur totale devait être d'environ 4 mètres, mais sur toute la longueur, une moitié de tablier est tombée ; ce qui reste parait avoir été consolidé à l'aide de bastings.


Le chemin, en partant de Condé, enjambe un bras de la Seulles sur un premier pont en charpente qui repose sur des pierres appuyées sur les berges ; aucune trace de pile centrale n’est visible dans le fond de la rivière, ce qui m’a semblé. Ce pont parait antérieur à celui qui lui fait suite, sur un autre bras de rivière, pour des motifs de service.

En vue d'élucider un point concernant l'âge de ce pont, il serait intéressant de savoir à quelle époque a pu être créé le moulin situé en amont et comment il a été construit. Si le bras sur lequel est construit le pont a été creusé en vue de la création du moulin, le cours naturel de la rivière étant celui de l'autre bras, qui sert de limite entre les 2 communes, il en résulterait évidemment que ce pont ne peut être antérieur à la création du moulin.

Si au contraire c'est bien le cours primitif de la rivière qui a été barré et le bras côté Condé qui a été creusé pour constituer un déversoir, le pont peut donc être antérieur à la création du moulin.

Je pencherai pour ma part vers cette dernière hypothèse ; mais le fait que la limite de commune suit le bras déversoir me paraît un argument, contre qu'en pensez-vous ?

J'ai observé que d'anciennes voies sont jalonnées par les églises ; exemple : route ancienne de Paris à Caen sur une partie de son parcours par l'église de Corbon, Croissanville, Moult, Bellengreville, Frénouville et Cagny ; voie romaine de Vieux… par l'église de Cintheaux et Cauvicourt. Le chemin qui traverse la Seulles au pont de Condé serait jalonné par l'église de Condé et de Ducy Sainte Marguerite, bien que celle-ci soit à une cinquantaine de mètres du chemin. Ce dernier me paraît d'ailleurs avoir ni une origine, ni un point d'aboutissement bien déterminé.

En m'excusant de retenir trop longtemps votre attention bienveillante, je vous prie d'agréer, cher monsieur, mes sentiments cordialement dévoués.

Le plan joint à la lettre


 



La partie de dominos de Chouain

C’était le 24 décembre 1850, Maître Jean Cachelou, maire de Chouain, petite localité de la Basse-Normandie, voisine de Condé sur Seulles, pria quelques mem­bres de son Conseil de venir chez lui passer joyeusement la nuit de Noël. Il y avait, pendus dans la grande cheminée ancestrale quelques beaux cuissots de porc. On en descendit le plus gros, on l’apprêta. Les enfants après la sortie de l'école, à l’au­tomne, avaient ramassé des châtaignes dans la clairière du père Martin ; ce fut le dessert tout trouvé. Au fond de la cave, derrière les fagots, à un petit fût de vieux « Calva » on alla demander un carafon. La bûche de Noël, une grosse racine de pommier bien sèche prit sa place d’honneur dans la che­minée et au bout d’une heure le foyer res­sembla à une annexe de l’Enfer. A sept heures, les trois chiens de garde signalent l’approche de nos convives. Ils arrivent, coiffés d’une casquette à larges bords ra­battus sur leurs oreilles et vêtus d’une blouse bleue reluisante qui leur descend jusqu’à mi-jambe. Aussitôt, Maître Jean se lève et part au-devant d’eux : « Entrez les gars, dit-il, les yeux étincelants de gaieté, « il fera meilleur ici qu’en face ». D’un geste amical il les invite à s’asseoir.

 La table fut approchée le plus près pos­sible de la cheminée. On se mit à manger. Une bonne soupe aux choux fut vite avalée et le jambon fumé fut pris d’assaut. Des compliments flatteurs furent adressés à la cuisinière. On louangea Maître Jean pour son habileté dans l’élevage des porcs. Le lard, en effet, était exquis et personne ne se fit prier pour retourner au plat. Dans les verres coulait à pleins bords le cidre le plus pur. On grignota les châtaignes comme des écureuils ; le café enfin arriva tout fumant. C’est alors que Maître Jean majestueusement se leva. On crut à un discours de circons­tance : « Mes chers amis, dit-il, si vous êtes de mon avis nous allons pour fêter cette veillée de Noël jouer aux dominos. Char­lotte, apporte-nous le “ Juge de Paix ” ». L’invité de Maître Jean ne surprit personne. C’était inévitable. Le Maire de Chouain, un joueur passionné, n’était-il pas le champion aux dominos du Concours départemental ? Si Jean Cachelou avait invité ses amis à venir ce soir-là, ce n’était pas tant pour avoir le plaisir de partager avec eux les joies traditionnelles de la nuit de Noël que pour essayer encore de les battre à plate couture à son jeu favori.


La partie s’engage et Jean Cachelou de­mande à Louis Nativelle du « quatre » ou du « six », Le malheureux partenaire en est dépourvu mais en manière de consolation Jean Cachelou empoigne le carafon à eau-de-vie et dit avec un gros rire, lui remplis­sant généreusement sa tasse : « En voilà du « quatre et du six ! » Louis Nativelle, confus de se voir servi si largement, le remercia en lui disant : « Merci ! mais vous vous trompez mon cher ami, car ça c’est du « trois-six ! » Et pendant plus d’une heure les éclats de rire emplirent la cuisine ; les dominos tour­billonnèrent sur la table ronde mais Jean Cachelou gagnait toujours. Désespérés, les joueurs, d’un commun accord, se mirent à tricher pour favoriser leur victoire, mais rien ne put changer la fortune du Maire de Chouain, il était toujours le beau champion aux dominos ! Notre brave homme se plai­sait d’ailleurs à faire l’éloge de ce jeu à qui voulait l’entendre. A vrai dire ce jeu est très populaire en Basse-Normandie. Nous le trouvons en honneur dans la plus humble maisonnette comme dans le plus beau châ­teau. En entrant, la boite de dominos s’aperçoit sur le bord de la cheminée. Le jeu est là, semble-t-il, à la portée de la main. De très bonne heure on l’apprend aux en­fants et les plus petits commencent par construire avec ses petits rectangles d’ébène des maisons, des ponts, pour les voir en­suite s’écrouler avec un joyeux fracas. On l’appelle « le Juge de Paix » car il est l’ar­bitre, au café, qui désigne le bon payeur de la tournée... Pendant ces interminables par­ties, les joueurs oubliant la neige qui tom­bait à gros flocons recouvrait de son blanc linceul chemins et sentiers, goûtaient dans la cuisine de Maître Jean les plaisirs d’une soirée idéale.

 Un nuage, cependant, vint assombrir le front de Jean Cachelou. La poignée a été mauvaise, les dominos se sont montrés ré­fractaires au mélange ; pas un bout de blanc dans son jeu ! « Mon Dieu, dit-il, que de blanchisseuses ! » Tout en parlant ainsi un sourire amer apparaissait au coin de ses lèvres charnues.  « Moi, répondit ironi­quement Joseph Martin, je joue le « double- blanc », ce sera un « appelant », comme à la chasse aux canards ? ».  « Pour une autre fois, répliqua Maître Jean, mais rira bien qui rira le dernier ». Tout le monde ajusta du blanc et Jean Cachelou resta pro­priétaire d’une belle collection de trous. Partie perdue ! Rouge de colère, notre grand joueur appela sa femme : « Charlotte, dit-il, verse donc dans les tasses, je n’ai pas le temps de servir ; la mécanique manque d’huile, ça ne va plus ! » 1l saisit ensuite, comme un avare, sous ses grosses mains les dominos infidèles, les malmène comme s’il voulait les punir et commande : « Au plus haut double ? » La poignée, cette fois, était bonne, la partie fut menée rondement et comme le César antique rentrant au Capitole après la conquête des Gaules, Jean Cachelou annonça triomphalement : « Je suis venu, j’ai vu et je suis vainqueur ! » Ah ! pour une partie de dominos, ce fut une fameuse partie celle-là. La vieille horloge normande dissimulée dans un coin, égrène sur son timbre de bronze onze coups. La messe de minuit va bientôt commencer. Madame Cachelou invite alors gracieusement la compagnie à laisser là les dominos pour s’acheminer vers l’église du village. Du gros cidre, cependant, coupé de vieille eau-de-vie de cidre, est en­core servi tout bouillant à nos joyeux convi­ves. Les bolées se vident aussi vite qu’elles se remplissent. On allume la grosse lan­terne en forme de bonnet de coton, aux vitres de corne par le temps jaunie. Les chaufferettes en bois sont aux mains de la patronne, des enfants et de la servante. On part ; ces dames en avant pour éclairer la route, ces Messieurs derrière, les mains en­foncées dans leurs poches. Par leurs reflets successifs leurs pipes en racine de bruyère servent de moyen de reconnaissance. Tout le long de la route on parle encore des do­minos. « Ah ! c’est la chance ! » disait l’un. « Oui, répliquait Maître Cachelou, mais avec un « poil de jeu, faut encore savoir s’en servir ».

 Les femmes ne prêtaient guère l’oreille à leurs joyeux propos, elles étaient trop bien occupées à retrousser leurs jupes pour ne pas trop paraître négligées dans l’église. Les cloches mises en branle par de solides gail­lards dont l’ardeur avait dû prendre sa source au fond de leur grand verre, appellent les chrétiens à célébrer l’anniversaire de la nais­sance de l’Enfant-Dieu. On arrive, on frappe du pied sur les marches de l’église pour dé­coller la neige qui s’est incrustée aux sabots de hêtre. Les hommes éteignent enfin leur pipe et mystérieusement on entre dans le Saint Lieu. Sur les bords des fenêtres ogi­vales, le curé a fait placer en ligne plus de deux cents chandelles qui pleurent mais illuminent quand même la vieille église du moyen-âge. Saint Pierre et Saint Germain dans leur niche angulaire respective sem­blent monter la garde et rendre les honneurs à ceux qui viennent prier Dieu. D’un pas assuré, le corps droit, Maître Jean Cachelou s’avance dans le chœur, semblant dire à tous les paroissiens que le Maire de la commune arrive présider la grande cérémonie de la nuit de Noël. Sa stalle est réservée, il en prend légitimement possession. Un regard à droite, un regard à gauche, c’est son amical salut à tous et il s’assied.

 L’office commence par le chant des psau­mes de David. Les chantres psalmodient avec cette mélancolie qui sied aux règles de la liturgie sacrée. Maître Jean ajuste ses lunettes, ouvre son vieux livre de première communion, cela pour se donner une conte­nance car il ne sait ni chanter ni lire le latin. La monotonie des chants ou peut-être le résultat d’une digestion trop lente vint accabler notre champion. Une sorte de pesanteur l’envahit peu à peu et l’invite irrésistiblement au sommeil. Sa résistance au sommeil le force à imiter le petit poisson qui mord par saccades à l’hameçon du pêcheur à la ligne. Hélas ! il dort, il ronfle même ! Le curé l’aperçoit de son trône pon­tifical. Il est scandalisé et il appelle un enfant de chœur ; c’est le petit-fils de Jean Cachelou lui-même : « Va, dit-il, réveiller ton grand-père qui dort dans sa stalle ». Soit par honte, soit par timidité, l’enfant hésite mais enfin obéit. Ciel ! le brave curé, pour éviter un scandale, en fit commettre un bien plus grand car, à l’appel timide de son petit Georges, Maître Jean Cachelou s’écria d’une voix sonore : « Eh ! bien, six partout et domino ! »

Ils furent à la tête de la commune


1793      Le Grix Jacques





1823      Canteuil de Saint Laurent François




1830      Girard Louis






1834      Le Grix Jean Jacques






1849     Deshamaux Antoine




1866      Denize Jacques





1871      Le Grix Ferdinand





1895      Diaune Gustave




1896      Danjon Daniel






1900      Denize Jean Baptiste





1907      Catherine Louis





1925      Doublet Jean





1929      Rousseau Luc





1961      Villedieu Charles




1971      Touffaire Emile (père)









1977      Villedieu Simone

1983      Touffaire Emile (fils) Maire actuel

Les allemands pillèrent des documents à la mairie de Condé sur Seulles...

Pourquoi est-il impossible de consulter les délibérations du conseil municipal de Condé sur Seulles qui furent prises d'Août 1933 à décembre 1944

Réponse:



De Condé sur Seulles, ils ont participé à la guerre de 14-18 - Leur parcours militaire

 En cliquant  sur le nom du soldat, recensé sur Condé sur Seulles,vous obtiendrez son parcours militaire pendant la "grande guerre"

Bayet, Victor Alfred Louis

Olive, Jacques Edmond

Taillepied, Gaston Louis Léon

Bellenger, Louis Eugène

Lahaye, Georges Alphonse Louis

Legrix, Louis Joseph Emile

Ménard, Albert Léon Joseph

Lemasson, Gaston Maurice

Hamel, Louis Alfred Gustave

Malherbe, Jules Alphonse

Héroult, Auguste Ange Xavier

Le Menuet, Raoul Léon

Tronçon, Alcide Gaston Pierre

Dolivet, Urbain Emile

Condé, André François Auguste

Aune, Gustave Amand Jacques

Barbay, Léon Alexandre

L'Aîné, Alfred Auguste Jean

Lacauve, Raymond Jules Gustave

Lainé, Daniel Eugène

Blaize, Philibert Lucien

Aude, René Fernand Arthur

Declomesnil, Louis Auguste Gaston Andréa

Serveau, Emilien Pierre

Touffaire, Emile Jean Fulgence

Malherbe, Louis Eugène Hubert

Declosmesnil, René Jacques François

Surville, Félix Louis

Ferdinand, Pierre Eugène

Marie, Camille Gaston Jules

Serveau, Georges Léon Romain

Pancolet, Alfred Jules Auguste

Chambertin, Emile Louis Albert

Le Menuet, Joseph Edouard Marcel

 You, Joseph Gilles

Germain, Léon Georges

Samson, Auguste Alexandre

Vaussy, André Pierre Léon

Huard, Firmin Gustave Léon

Lemière, Auguste René Aimé

Dupont, René Pierre Eugène

Quétil, Aimé Louis Désiré

Malherbe, Louis Eugène Alphonse

Catherine, Amédée Auguste

Savigny, Maurice Gustave

Gilles, Alexandre Désiré Eugène

Tronçon, Louis Alfred Adolphe

Legrix, René Ferdinand Joseph

Geffire, Jules Tranquille

Lubin, Adolphe Honoré

Bayet, Léon Louis Exupère

Philippe, Germain Eugène Aimé

Diaune, Pierre Constant Adrien

Maresq, Alexandre Louis Désiré

Laisné, Alexandre Léon Gustave Jean-Baptiste

Lemasson, Rémi Joseph

Declosmesnil, Raymond Auguste Léandre

Tanqueray, René Fernand

Martin, Georges Auguste Alfred

Le Bel, Jules Albert Léon

Ygouf, Joseph Marius Philibert

Jean, Henri Raymond Alfred

Maresq, Ernest François Philippe

Maresq, Emile Célestin Léon

Blaize, Aimé René Ferdinand

Philippe, Alexandre Adrien

Le Cointre, Charles Louis François

Le Coeur, Ferdinand Alexandre

Gilles, Adrien Emmanuel

Flottard, René Gaston Ferdinand

Declosmesnil, Octave Auguste

Philippe, Pierre Camille François

Sauvage, Léon Louis Alexandre

Lair, Georges Auguste Adolphe

Lagrève, Lucien Auguste Ferdinand

Isabelle, Désiré Albert


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